21 Avr

2017 – Sommes-nous prêts à nous lever ?

Voici la traduction de l’article publié par Otto Scharmer dans Huffington Post le 27 décembre 2016.
Otto Scharmer, co-fondateur du u.lab, est maître de conférences senior au MIT, Professeur au sein du Thousand Talents Program, Tsinghua University. Traduction de Véronique Campillo, directrice de la collection Colligence chez Yves Michel Editeur

Donald Trump est à la démocratie ce que 2008 a été au capitalisme : un appel impérieux à l’éveil, en nous rappelant que le système est « fortement endommagé » et qu’il nécessite en urgence une réactualisation pour relever les défis de notre temps.

Le capitalisme a-t-il évolué depuis 2008 ? Pas en profondeur. Nous sommes toujours confrontés aux mêmes problématiques et fractures structurelles, mais nous les affrontons avec une autre conscience.

Aujourd’hui, pratiquement tout le monde sait que le système économique est faussé et non pérenne. En réalité, cette prise de conscience fait partie de la vague qui a contribué à l’élection de Donald Trump, entre autres, et qui a permis à Bernie Sanders de rassembler plus de votes de la jeunesse que Hillary Clinton et Trump à eux deux. Vue sous cet angle, l’année 2016 peut être considérée comme la troisième disruption, après 2008 et les faillites bancaires, et 2001 avec les attaques des tours jumelles.

Figure 1 : L’expérience, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce que nous en faisons.

UNE DISRUPTION EN TROIS ACTES

Selon moi, notre époque de disruption a évolué en trois actes au cours des 15 dernières années.

ACTE I / 11 SEPTEMBRE 2001 – UN TERRORISME GLOBAL

Le 11 septembre, les attaques terroristes de New York, Washington et Pennsylvanie ont constitué un acte d’ouverture majeur. Elles ont été suivies par les attaques de Bali, Mumbai, Paris, Brussels, Berlin et bien d’autres encore partout dans le monde. Depuis lors, des groupes tels qu’Al Qu’Aïda et EI ont cessé d’être des réseaux anecdotiques pour devenir des acteurs centraux à même de dominer les politiques internationales et de capter l’attention du public. Alors même que le terrorisme existait déjà bien avant 2011, ces attaques, caractérisées par leur mélange unique de terreur locale et d’amplification globale, ont clairement pour objectif de répandre la peur, la haine et les préjugés à grande échelle.

Peu à peu, nous avons découvert que ce schéma social toxique s’était largement construit dans l’histoire des pays occidentaux. Les premiers fondateurs de ces groupes armés ont été entraînés et équipés par les services de renseignements occidentaux (la CIA, afin de contrer les Russes en Afghanistan). Leur recrutement a été d’autant plus facile que nos systèmes économiques et politiques ont généré de la désespérance pour les jeunes, et notamment ceux du Moyen-Orient. Leurs actions meurtrières ont été nourries et animées par une idéologie fondamentaliste qui – grâce aux bons soins de nos partenaires saoudiens – est financée par l’argent du pétrole et exportée dans les plus grandes capitales du monde sous la forme des enseignements salafistes et wahhabites. Les combattants d’Al Qu’Aïda et EI sont les incarnations logiques de ces enseignements, qu’ils mettent en œuvre. De ce point de vue, nous autres Occidentaux sommes complices de la montée du terrorisme global. Pour en rechercher les causes, il convient aussi de nous regarder dans le miroir. Cela dit, comment comprendre l’essence profonde des enseignements fondamentalistes – qu’ils apparaissent dans le sillage de l’islam, du christianisme, du judaïsme, de l’hindouisme ou d’autres religions ? Le fondamentalisme est, globalement, un état d’esprit qui voit la réalité à travers le prisme de :

  • Une seule vérité (un seul Dieu invisible)
  • Un corps collectif (nous contre les infidèles)
  • Une volonté fanatique (qui nous donne l’autorisation d’infliger de la violence à autrui)

Figure 2 : L’état d’esprit des fondamentalismes : une vérité, nous contre les autres, une volonté fanatique

La figure 2 met en évidence ces trois principes en tant que fermetures : de l’esprit, du cœur et de la volonté. Elle montre également les cinq caractéristiques comportementales d’un système dysfonctionnel qui émergent de ces principes : le déni (ne pas voir), la coupure (ne pas compatir), l’absencing (se déconnecter de son soi le plus élevé) et enfin, le dénigrement des autres (incapacité à réfléchir) et la destruction (infliger des violences à autrui et à soi).

ACTE II : 2008 – UNE DISRUPTION ECONOMIQUE

En 2008, la deuxième disruption a eu lieu – et ainsi le deuxième appel à la conscience – sous forme de crise financière globale. Comme je l’écrivais dans mon précédent article , à l’origine de l’effondrement de 2008 et de l’aggravation de la facture socio-économique, se trouve une idéologie appelée néolibéralisme . Ce dernier est en résumé un fondamentalisme économique qui conçoit l’économie et la société selon les trois axiomes suivants :

  • Un seul mécanisme (invisible) de coordination : le marché (un seul dieu). Tout le reste (gouvernements, société civile) est non seulement inutile, mais conduit à une allocation des ressources non optimale (« Tu n’adoreras que ton seul Dieu »).
  • Un seul langage : l’argent (un corps collectif). Toutes les activités sociales et économiques sont gouvernées par le langage de la monétisation (créant une déconnexion énorme entre les comportements et les impacts et générant ainsi l’énorme problème des externalités sociale et environnementale).
  • Une seule volonté dirigée par l’égo, c’est-à-dire le postulat des préférences (homo economicus)

Tout comme les comportements issus des fondamentalismes culturels-religieux sont définis par l’aveuglement, la coupure, l’absencing, le dénigrement et la destruction, nous voyons apparaître des caractéristiques très similaires lorsque nous observons le comportement d’un système social piloté par le fondamentalisme du marché, à savoir le néolibéralisme : celui-ci est dans le déni de l’environnement et des conséquences sociétales (externalités sociales) ;il est insensible aux effets pervers qu’il engendre pour les plus faibles ; il déconnecte la majorité des personnes de leur véritable source de créativité ; il dénigre les victimes de ces problèmes structurels ; et il détruit les fondements écologiques, sociaux et culturels (le bien commun) sans lesquels aucune société ou civilisation ne peut fonctionner.

ACTE III : 2016 – UNE DISRUPTION TECHNO-POLITIQUE

Nous voici en 2016 : Trump, Brexit et la montée des extrémismes de droite font l’actualité. En Turquie, en Pologne et en Hongrie, les gouvernements s’emploient à détruire ouvertement les institutions démocratiques. Aux Philippines, le président Duterte fait de même, parmi d’autres gouvernements de pays asiatiques. Ce n’est sans doute pas un hasard si les deux pays occidentaux qui étaient les fers de lance de la « révolution néolibérale Reagan-Thatcher » dans les années 1980 (les USA et le Royaume-Uni) sont désormais les premiers pays à récolter le retour de bâton des classes ouvrières privées de leurs droits, donnant naissance aux soi-disant outsiders tels que Donald Trump et l’extrême-droite.

Cependant, ce serait une erreur d’imputer uniquement à l’économie cette profonde disruption. Les Pays-Bas par exemple, dont le système de redistribution fonctionne parfaitement, connaît une croissance similaire de l’extrême-droite conduite par Geert Wilders. Nous constatons des phénomènes similaires dans les pays scandinaves. Cela doit nous ouvrir les yeux sur les origines non économiques de cette disruption politique. Quelles sont-elles ? En quoi consiste exactement ce troisième appel à l’éveil des consciences ?

Cela fait longtemps que nos démocraties et nos systèmes de gouvernance sont en souffrance. Des groupes d’intérêts se sont emparés du processus politique à divers niveaux et pas seulement à Washington, DC, où les intérêts particuliers sont parvenus à transformer la vision des Pères fondateurs d’un homme, une voix en un dollar, une voix. Comme d’habitude, l’Europe se sent au-dessus de la paralysie politique que subit Washington, sans toutefois parvenir à de meilleurs résultats. Pendant ce temps, la Chine, dont le système est bien moins démocratique que les normes occidentales en la matière, semble plus se préoccuper du changement climatique, entre autres, que de la démocratie.

C’est le vieux problème bien connu de la démocratie. Il n’est pas résolu, et il vient s’alourdir d’un autre problème : la montée de Trump aux Etats-Unis et la montée de l’extrême-droite en général met en évidence une faiblesse essentielle de nos démocraties, à savoir qu’un système démocratique ne vaut que par le discours politique qui l’accompagne. En 2016, celui-ci (le débat public) a été fortement tiré vers le bas et les acteurs y sont allés à qui mieux mieux. En deux mots, le problème est : réseaux sociaux. Mark Zuckerberg a-t-il permis à Donald Trump de réussir ? Oui, dans une certaine mesure. En effet, c’est vrai dans la mesure où nous assistons à la montée d’un fondamentalisme technologique qui présente des parallèles étonnants avec le néolibéralisme dans la mesure où il fonctionne selon les axiomes et principes suivants :

  • UN algorithme (invisible) qui permet l’amplification des fausses nouvelles et la politique post-vérité. Par exemple, la campagne présidentielle américaine a pratiquement ignoré les questions politiques les plus importantes et a été dominée par les nouvelles fausses ou approximatives visant à amplifier les préjugés, la colère, la haine et la peur. Vers la fin de la campagne, l’engagement FaceBook lié aux 20 principaux sites de fausses nouvelles a été supérieur à celui des 20 sites de vraies nouvelles.
  • UNE bulle filtrante unique qui nous empêche d’invalider des informations et (en dépit de l’usage massif de micro-ciblages, de dark posts et de social bots, génère une caisse de résonance qui renforce notre sens abstrait du « nous contre eux ». Une étude menée à l’Institut des Sciences de l’Université de Californie du Sud a mis en évidence que les bots informatiques sont à l’origine d’un cinquième des tweets liés aux élections nord-américaines.
  • UNE volonté autocratique (ou oligarchique) qui utilise les médias, les réseaux sociaux et le débat public comme autant d’outils pour bâtir des empires technologiques visant une domination mondiale (dans le cas de géants tels que FaceBook ou Google), voire comme des outils de construction de machines de propagande qui manipulent efficacement les masses plutôt que de promouvoir le dialogue, le journalisme basé sur les faits et le débat public (c’est le cas notamment de la Turquie, de la Russie, de la Chine, et bien sûr des élections présidentielles US, pour n’en citer que quelques-uns).

La crise de la démocratie et de la gouvernance émerge aujourd’hui à tous les niveaux de la société. Les comportements symptomatiques, pour reprendre l’exemple des USA, sont encore une fois, le déni (les climato-sceptiques vont investir les sphères dirigeantes de l’Agence US de Protection de l’Environnement dès le mois prochain) ; l’insensibilité (construire un mur entre « eux et nous », phénomène amplifié par notre caisse de résonance virtuelle) ; l’absencing (l’absence d’intérêt porté à l’impact catastrophique de nos actions collectives sur la globalité du monde) ; accuser les autres (la toxicité des émissions de radio et de télévision, les plateformes de médias diffusant de fausses nouvelles, ainsi que d’autres mécanismes qui font de la propagande leur principal business model) ; et enfin, la destruction (l’érosion des valeurs qui permettaient jusqu’ici de rassembler nos communautés et de préserver nos sociétés).

UN MEME ETAT D’ESPRIT – TROIS FONDAMENTALISMES

J’arrive au cœur du sujet. Pendant les 15 dernières années, nous avons vécu trois disruptions majeures qui ont donné naissance à trois problèmes et à trois formes de fondamentalisme. Tous trois partagent un même état d’esprit : UNE vérité, UN seul corps collectif, UNE seule volonté. Il s’agit des fondamentalismes :

  • culturel et religieux, qui nourrit la violence de manière directe (le terrorisme),
  • socio-économique néolibéral, qui nourrit la violence structurelle (chômage, inégalités, pauvreté),
  • techno-politique des géants mondiaux des nouvelles technologies, qui façonnent nos vies à l’aide d’algorithmes invisibles (feeds Facebook, recherches Google) et ne se considèrent pas comme responsables du fait que les citoyens sont privés de leurs droits fondamentaux en matière de numérique.

QUE FAIRE ?

Il est vrai que nous traversons une période délicate. Nous savons que les années à venir vont apporter leur lot de chaos, de conflits, d’effondrements et de confusion. Et la question est la suivante : Qu’allez-vous faire ? Accepterez-vous de faire partie, involontairement, de la machine amplificatrice du chaos et de la confusion ? Ou bien préféreriez-vous vous lever et affronter la réalité avec curiosité, compassion et courage, quelles qu’en soient les conséquences pour vous, tout en restant focalisé sur le futur qui selon vous, cherche à émerger ?

Figure 3 : Presencing et Absencing — deux états d’esprit, deux champs sociaux (La Théorie U, Renouveler le leadership, Yves Michel, 2016)

Le cadeau que nous fait Donald Trump en 2016 est de nous confronter à cette question très personnelle. Si vous contemplez votre réponse, cela vous permettra sans doute de vous enraciner plus résolument dans votre intention la plus profonde, professionnellement et dans le reste de votre vie. C’est le minimum que vous puissiez faire.

EN 2017, TOUT EST POSSIBLE

L’expérience, ce n’est pas ce qui nous arrive, c’est ce que nous en faisons. C’est au cœur de cette décision personnelle que le futur de la planète se joue désormais. En 2016, année du Brexit et de Trump, j’ai eu la chance d’assister à des prises de conscience personnelles, politiques, et populaires. 2017 sera, je crois, une année clé – tout est possible, tout peut arriver, le bon ou le mauvais. Si vous voulez être un participant actif de la co-construction à ces endroits-clés où le futur vient nous rejoindre, voici cinq actions concrètes à prendre en considération :

  • Méditez sur vos intentions. Chaque jour, prenez 5 à 15 minutes pour vous déconnecter de tout ce qui n’est pas essentiel et de vous concentrer sur votre véritable intention, sur ce qui a réellement de l’importance pour vous.
  • Au moins une fois par jour, écoutez activement une personne très différente de vous. Plus elle sera différente, mieux ce sera.
  • Créez un cercle ou un espace contenant avec vos amis proches ou vos collègues dans lequel vous vous soutiendrez mutuellement dans cette période difficile. Plus nous vivons une période de disruption, plus nous avons besoin de soutiens mutuels. Un petit groupe (5 à 7 personnes) se réunissant physiquement est le mieux. Mais pendant le U.LAB, nous avons pu observer que les rencontres à distance, par Skype ou Zoom pouvaient également être très efficaces.
  • Co-initiez de nouveaux espaces transversaux pour le débat public, afin de réunir des groupes de citoyens divers et variés, tous préoccupés par le futur de leurs communautés. Utilisez le dialogue et les nouvelles techniques comme le social presencing theater afin de faciliter le basculement des consciences d’une vision en silo à une vision systémique. Ce faisant, vous faciliterez le passage d’une conscience de l’ego-système à une conscience de l’écosystème.
  • Trouvez des moyens de relier vos réseaux avec des plateformes qui favorisent le dialogue et qui fonctionnent comme des réseaux de réseaux. Ce faisant, vous contribuerez à l’alignement des initiatives sur une plus grande échelle.

La plateforme U.LAB créée par le MITx, edX et le Presencing Institute permet de se connecter en ligne et en présentiel. Elle est conçue pour aider les acteurs de changement à construire leur capacité collective à basculer de la conscience de l’ego-système à la conscience de l’éco-système (voir figure 2, le cycle du presencing). Au cours de ses deux années d’existence, le U.LAB a rassemblé plus de 90 000 utilisateurs de plus de 180 pays qui ont formé environ 800 hubs à travers le monde. Cette réponse extraordinaire a conduit à l’émergence d’une communauté vivante à la fois multi-locale et globale qui nous a convaincus qu’il existe probablement de par le monde un nombre incalculable de personnes et de communautés qui attendent de se connecter les unes aux autres autour de leur intention la plus élevée : servir l’évolution du tout.

L’équipe fondatrice du U.LAB souhaite lancer la version 2.0 de cette plateforme en avril 2017 sous forme d’espace de médias civils et de conversations publiques afin de faciliter des sessions en live-streaming gratuites mensuelles. Ces sessions permettront aux acteurs de changement de se mettre en lien entre eux dans les secteurs de l’économie, de la politique et de la société civile, à la fois en présentiel et en ligne. Chaque session mettra l’accent sur un exemple inspirant d’innovation dans les systèmes éducatif, économique et politique. Les récits apprenants et les outils présentés seront accessibles à tous les participants. Cette structure d’innovation gratuite offrira également plusieurs espaces de dialogue profond et de coaching entre pairs sous des formes que FaceBook et autres ne peuvent pas proposer.

Les sessions mensuelles, d’une durée de 90 minutes, débuteront en avril (le deuxième mardi du mois). Elles seront consacrées à l’évolution des trois types d’institutions en crise évoquées dans cet article : les institutions économiques (économie 4.0) ; les institutions démocratiques (démocratie 4.0) et les institutions d‘éducation (éducation 4.0).

Rejoignez notre mailing list pour être invité à ces sessions.

CHOISIR ENTRE ABSENCE ET PRESENCE

Quel que soit votre engagement pour 2017, souvenez-vous : l’expérience, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce que nous en faisons. Nous savons à quoi nous attendre : chaos, confusion et éventuellement, effondrement. Trop de choses sont désormais hors de contrôle. Alors que maîtrisons-nous ? Nous maîtrisons notre réaction. Allons-nous amplifier le problème en fermant nos esprits, nos cœurs et nos volontés ? Ou allons-nous nous ouvrir en suspendant nos habitudes de jugement, en nous ouvrant à notre empathie et en nous armant de courage pour laisser aller l’ancien et laisser venir le nouveau ?

Il ne s’est jamais trouvé avant nous une génération dont l’action collective – ce que nous choisirons de faire ou de ne pas faire en 2017 et au-delà – aura un impact aussi important sur le futur de ses enfants et de la planète. Alors n’entrons pas dans l’année 2017 en dormant alors que les enjeux sont si forts. Ne faisons pas ce que les leaders européens ont fait à l’entrée du siècle dernier : lancer la Première Guerre Mondiale. Voici venu le moment de s’éveiller à notre véritable intention, de rester dans la paix et la compassion, et de se montrer courageux dans des environnements qui seront saturés de conflit, de désespérance et de désillusion.

L’étymologie du mot leadership signifie « traverser un seuil ». Ce seuil se trouve désormais devant nous. Sommes-nous prêts à nous lever ?

Merci à Adam Yukelson pour ses commentaires et à Kelvy Bird pour ses étonnants dessins !
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Commentaires (3 réponses )

  1. Da Silva - 22 avril 2017 - 9 h 42 min #

    Merci!c’est très bien! Je partage!

  2. Da Silva - 22 avril 2017 - 9 h 43 min #

    Merci beaucoup!

  3. Lardot - 22 avril 2017 - 18 h 31 min #

    Merci pour la traduction de cette réflexion extrêmement intéressant et qui donne envie de s’impliquer. Ca m’intéresse vachement.
    Bravo Véro !

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